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ParutionsSuicides en prison, les mesures de MAM

18 août 20090
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Pierre Lumbroso, avocat pénaliste depuis 18 ans, n’est pas convaincu par la série de mesures annoncées par la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie, pour lutter contre les suicides en prison. L’auteur de « La prison : une machine à tuer ? » suit actuellement une quarantaine de détenus et observe ainsi très régulièrement les conditions de vie en prison. Que pensez-vous de la généralisation des «kits de protection» (draps indéchirables, matelas anti-feu, …) ? On ne fait que se conformer à ce que nous réclame l’Europe depuis des années. C’est une mesure qui aurait dû être prise depuis 30 ans et qui existe partout ailleurs en Europe de l’Ouest. Mais cela sert surtout à protéger le personnel pénitentiaire et les autres détenus. En général, les prisonniers brûlent leurs affaires par rébellion. Il est très rare qu’un détenu se suicide par ce moyen. Et à propos de la formation des personnels pour détecter les détenus qui présentent un risque suicidaire ? C’est intéressant. Les personnels sont aujourd’hui complètement perdus. Ils sont désarçonné par les comportements des détenus et ne savent pas comment les prendre. D’un autre côté, les détenus se suicident majoritairement la nuit, alors qu’il n’y a pas de surveillants dans les coursives. Il y a des rondes, en général toutes les deux heures. Mais, pour des raisons de sécurité, ceux qui les font doivent appeler leur supérieur qui est d’astreinte pour obtenir les clés des portes. Ce qui prend du temps. Il faudrait donc faire des rondes plus régulières la nuit. Etes-vous convaincu par le fait d’associer des détenus volontaires pour accompagner les prisonniers en situation de détresse psychologique? C’est impossible à mettre en place. Les détenus volontaires, je veux bien, mais cela ne correspond pas à la réalité de la vie carcérale. En prison, ceux qui sont considérés comme des courroies de transmission entre l’administration pénitentiaire et les détenus sont très mal vus. Ils sont assimilés à des balances. On les roue de coups dans la cour ou sous les douches. Que préconisez-vous pour limiter le nombre de suicides dans les prisons? Il faut faire rentrer un tout petit peu plus d’humanité dans les prisons. A Fleury-Merogis par exemple, il y a près de 3500 détenus. C’est une petite ville. Il faut donc mettre en place les structures d’une petite ville. Actuellement, il n’y a pas de médecin de permanence au sein des maisons d’arrêt et il n’y a parfois qu’une assistante sociale pour 500 détenus. Par exemple, entre le moment où l’alerte est donnée par un détenu et le moment où les pompiers peuvent accéder à la cellule, il faut entre 45 minutes et une heure. Autre exemple : lorsqu’un prisonnier demande à voir un psychiatre, il y a parfois trois mois d’attente. Alors qu’on sait qu’une très large majorité de détenus arrivent en prison avec des troubles psychologiques et psychiatriques. Quels sont les détenus à surveiller plus particulièrement? Les primo-délinquants et les petites peines (inférieures à un an). Ils connaissent mal les procédures judiciaires et pensent qu’ils ne pourront jamais tenir l’ensemble de leur peine. Ils comprennent par ailleurs mal le système de la prison et doivent souvent se soumettre à d’autres détenus qui les humilient. Il faudrait les surveiller pendant les 6 premiers mois, observer leur comportement, leur intégration au sein de la prison, voir s’ils ont beaucoup de visites, si on ne leur vole pas leur argent. On sait que la bascule se fait à partir de 6 mois. C’est à ce moment là que certains basculent de l’autre côté. Après, tout ça reste de l’humain, comme partout : tout dépend énormément du comportement des détenus et des surveillants.

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